5 questions sur l’affaire dite « Kerviel » par Eva Joly

HuffingtonVu sur le « Huffington Post » ce matin. Indépendamment des opinions d’Eva Joly, il y a ici que du factuel qui interpelle, surtout après le jugement abrupt de M. Sapin selon qui Jérôme Kerviel est un « escroc » et selon qui il n’y aurait plus rien à ajouter à cette affaire.

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Oui mais… lisez les 5 points ci-dessous, ou allez lire l’article complet sur le journal en cliquant sur l’image à gauche.

 

  1. Premièrement, on peut s’étonner de la façon dont plusieurs pans du droit français semblent avoir été ignorés. Tenir Kerviel pour coupable commande de considérer que la banque pour laquelle il officiait ignorait tout de ses prises de positions spéculatives. Si tel est le cas, le droit bancaire aura été violé, tout comme le droit des sociétés. Pour lever ce point, il y a lieu de demander à la Société Générale de donner à la Justice les documents de travail de ses Commissaires aux comptes où tout doit figurer, y compris les opérations prises par Jérôme Kerviel. Pourquoi cela n ‘a-t-il pas été fait?
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  2. Deuxième question. Comment croire que personne n’ait rien vu au sein de la banque alors que les résultats exorbitants de Jérôme Kerviel, chaque année, devenaient ses objectifs pour l’année suivante? Alors qu’un trader moyen du périmètre de Jérôme Kerviel fait gagner à la Société Générale entre 3 et 5 millions d’euro par an, Kerviel réalise 5 millions la première année, 12 l’année suivante, puis 55 millions d’euros déclarés en 2007. Rappelons que Jérôme Kerviel n’était que trader junior, et que ses résultats exceptionnels alimentaient les bonus touchés par ses supérieurs. Les chiffres suffisent à s’interroger sur la connaissance que la banque avait de cette affaire.
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  3. Troisième question qui découle naturellement des deux précédentes. Pour quelle raison les boites mails de la hiérarchie de Jérôme Kerviel n’ont jamais été saisies? Cette exploitation aurait pourtant permis à la Justice de savoir quel était le degré de connaissance de la banque sur cette affaire, et de répondre à une question simple: existe-t-il uniquement une affaire Kerviel ou s’agit-il d’une affaire Société Générale?
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  4. Comment, et c’est une quatrième question qui doit interpeller nos intelligences, la banque peut-elle indiquer tout ignorer des actes de Kerviel alors même que la Société Générale, elle-même, corrigeait l’impact en P&L (c’est-à-dire en résultat) de ses opérations? La schizophrénie d’une institution qui masque d’un côté ce qu’elle prétend ignorer de l’autre doit déciller nos yeux sur l’entrelacs des responsabilités.
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  5. Pourquoi enfin, des supérieurs hiérarchiques de Jérôme Kerviel ont été payés jusqu’à sept années de salaire de fixe dans le cadre de transactions passées avec la banque alors même qu’ils avaient été licenciés pour faute grave? Une telle indemnisation des fautifs laisse songeur. On n’a guère coutume de récompenser par de tels montants des responsables défaillants.

 

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A propos Jean Féret

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