Le statut des enseignants est obsolète

Actuellement, le temps de travail d’un enseignant de collège ou de lycée est de 18 heures par semaine. C’est, pour les professeurs certifiés, le seul élément fixe et clair relatif au temps de travail qui leur est demandé. Il a été fixé par une décret datant de 1950. Rendez-vous compte !

18 heures par semaines !

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Décret 26 mai 1950 consolidé au 1er mars 2012

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Décret original 26 mai 1950

 

 
 

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Quel salarié ne voudrait pas travailler aussi peu pour d’aussi bons salaires ? Comment le législateur a-t-il pu créer en 1950 un statut aussi avantageux ?

En fait, ce temps a été conçu en prévoyant qu’un enseignant travaille 1,5 heures chez lui pour une heure devant élève afin de préparer ses cours, évaluer les élèves et actualiser ses connaissances dans sa discipline. Cela fait 18 fois 2,5 heures (1 devant les élèves et 1,5 à la maison), soit 45 heures hebdomadaires.

En effet, le temps de travail légal de l’époque s’il était légalement de 40 heures par semaine, était en réalité de environ 42 h par semaine, sur 50 semaines. En 1950, les enseignants disposaient des vacances scolaires où, selon le modèle utilisé par ce décret, ils ne faisaient pas cours devant des élèves mais ils continuaient à travailler leurs cours et, selon leur appréciation, ils pouvaient se cultiver. Le décret envisageait des devoirs de vacances pour les enseignants aussi. La quantité totale de travail, travail devant les élèves et travail personnel avait alors été estimée comparable à celle des autres salariés.

Mais que s’est-il passé depuis 1950 pour les enseignants ? ……………………..Rien !

Alors que pour les autres salariés il y a eu la troisième semaine de congé payé en 1956, puis quatre en 1969. Les 40 heures réelles ont été atteintes au début des années 70 (elles étaient un droit depuis 1936).

«La situation des enseignants français est régie par des décrets qui n’ont pas bougé depuis 1950: 15 heures de cours pour les agrégés et 18 heures pour les titulaires d’un Capes est obsolète», estime Bernard Hugonnier, l’un des experts économiques de l’OCDE. Partout ailleurs, affirme-t-il, les contrats signés entre l’État et les municipalités concernant les enseignants englobent les cours mais aussi des activités pédagogiques, des échanges avec les parents, le soutien scolaire, etc. «En France, les enseignants sont uniquement focalisés sur leur temps de service, c’est à dire leurs heures de cours. Du coup, ils ont l’impression que ce qu’on leur demande en plus devrait être payé en heures supplémentaires. Si on incluait dans leurs contrats toutes ces tâches qu’ils font déjà pour partie, quitte à les payer davantage, leur investissement serait meilleur», estime-t-il. Il faut «négocier avec les syndicats d’enseignants», insiste-t-il, et instituer un «système contractuel qui peut varier selon leur statut. C’est cela la modernité», précise-t-il.

L’urgence d’une réforme se fait d’autant plus sentir qu’aujourd’hui, en France, la situation financière des enseignants n’est pas brillante. Le salaire moyen des enseignants du primaire et du secondaire est inférieur à la moyenne de l’Ocde, aussi bien pour les débutants que pour ceux qui ont 10 ou 15 ans d’expérience. Seuls les salaires en fin de carrière sont légèrement au-dessus de la moyenne de l’OCDE. Lorsque on n’inclut ni les primes, ni les heures supplémentaires, entre 2000 et 2009, le salaire des enseignants a augmenté dans la plupart des pays, sauf en Australie, en France, au Japon et en Suisse.

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A propos Jean Féret

Conseiller municipal ... mel: jean.feret @ mennecy.net ... tel: 06 74 09 27 07
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