Séisme du 11 mars: informations de l’IRSN

Je suis vraiment surpris par la mauvaise qualité de l’information que je peux trouver, tant dans la presse écrite qu’à la TV. Les faits sont déformés et même modifiés, avec des changements qui modifient la nature de l’information.

Bulletin IRSNPar contre, c’est probablement une conséquence de Tchernobyl, il y a sur le site de l’IRSN une information brute et factuelle qui laisse à chacun la possibilité de batir son appréciation sans être manipulé ou instrumentalisé.

Un site dédié aux conséquences de ce séisme et aux accidents nucléaires qu’il a provoqués au Japon sera ouvert lundi 14 mars. Dès aujourd’hui, dimanche 13, on trouve un point de situation au 12 mars à 20h00 et un autre, du 13 mars à 7h00.

Je pense que seules les informations susceptibles d’être qualifiées par recoupements peuvent être prises en compte. C’est le cas ici, il est impensable que le gouvernement japonais, la tutelle de l’équivalent japonais de l’IRSN, baratine le monde entier.

Au titre de la façon de percevoir l’état de la situation, le point du 12 mars est particulièrement utile, puisqu’il permet de comprendre comment cette centrale est construite et la nature de l’accident.

Ainsi, au moment où j’écris cet article, je lis dans Le Monde que « les experts américains redoutent un nouveau Tchernobyl » alors que L’IRSN, qui disposent des informations de son équivalent Japonais, affiche que:

  • l’enceinte du réacteur n°1 de Fukushima n’est pas endommagée
  • que l’injection d’eau de mer et de Bore est en cours
  • que la perte de toute ressource électrique pour refroidir un réacteur à l’arrêt est prévue dans la conception du réacteur.

En lisant Le Monde, je n’arrive pas comprendre:

  • qui sont les « experts américains » cités en référence
  • quel est ce  « liquide de refroidissement envoyé par les américains »
  • que ce sont les « blowout panels » qui ont été soufflés par une explosion extérieure à l’enceinte de confinement

On peut aussi espérer que la presse sache faire appréhender l’échelle des choses qu’elle évoque. Ainsi, « 1 millisievert, soit la dose maximal pour une année » devrait devenir: « 1 millisievert par heure, soit le plafond réglementaire pour le cumul d’une année d’exposition de la population ordinaire ».

Ou encore « le plafond réglementaire de la dose annuelle d’un riverain est atteint en une heure s’il est présent dans l’enceinte du réacteur » et expliquer qu’elle est l’origine de l’hypothèse qui amène à supposer qu’un « Monsieur Tout Le Monde » se trouverait dans cette enceinte.

Enfin, il serait bon de rappeler qu’en habitant sur un sol granitique, on atteint cette dose de 1 millisievert en 1000 heures, soit 42 jours. Ou encore qu’un scanner du crane, à l’hopital, expose le patient à une dose de 25 millisievert. Pour un scanner du corps entier, la dose absobée par un patient s’élève à 150 millisievert.

Alors on peut comprendre que la radioactivité autour de la centrale Fukushima est trop élevée, mais que la situation, certes grave, peut être maîtrisée et qu’elle n’est pas du tout identique à Tchernobyl, dès lors que la comparaison est rationnelle.

Design GE mark 1Et, pour finir, directement puisé chez l’équivalent américain de l’IRSN, l’explication sur la conception de ce réacteur. Avec en particulier l’écorché du système. L’explosion du réacteur n°1 de Fukushima s’est produite au sommet de l’installation, dans la partie en tôle.

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A propos Jean Féret

Conseiller municipal ... mel: jean.feret @ mennecy.net ... tel: 06 74 09 27 07
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8 commentaires pour Séisme du 11 mars: informations de l’IRSN

  1. Ping : Séisme du 11 mars: informations de l’IRSN - Essonne-Blog

  2. Le séisme des cœurs

    Je vous parle de fraternité
    Et vous me renvoyez à la dure réalité
    Aux plaques tectoniques
    de notre écorce cérébrale…
    Aux tremblements des peurs
    Et au déferlement des pleurs
    Et la terre continue de trembler et de nous faire trembler…
    Et un beau jour… ou peut-être une nuit… on décide de ne plus trembler… et on se met à bouger…
    à prendre le large au lieu de subir les vagues successives de cette nature imbécile…
    Oui…oui on ne peut pas changer les lois de la science physique mais on peut changer de politique…
    parce que là, il ne s’agit plus de science mais de conscience…
    cette petite flamme qui tremble et qu’aucun vent ne peut éteindre…
    ma conscience politique… qui voudrait avant de mourir assister à l’éveil d’une autre conscience…
    d’autres consciences, à une sorte d’effervescence… vive la révolution des consciences.

    http://www.lejournaldepersonne.com/2011/03/seisme/

  3. pascal dit :

    je suis de mauvaise foi mais vous n’êtes pas obligé de me croire : http://www.youtube.com/watch?v=GPDoWxtwSoY

    glané sur un blog : Faute d’information officielle en provenance du Japon, difficile de se faire une idée de l’évolution de la situation.

    S’il semble confirmé que le système de secours de refroidissement de la centrale de Tokai fonctionne, et que la hausse de la radioactivité mesurée aux abords de la centrale d’Onagawa proviendrait des rejets de vapeur effectués à Fukushami n°1 (explication de l’opérateur), l’état des trois réacteurs de cette centrale reste par contre problématique.

    Le fait qu’aucune information nouvelle ne soit donnée pourrait signifier que la situation reste incertaine, tant au niveau du diagnostic que des actions entreprises. En particulier pour le réacteur n°3, chargé au MOX, où la possibilité d’une explosion de l’hydrogène accumulé a été annoncée mais n’est pas encore intervenue.

    Plus aucune information n’est publiée sur le niveau de radioactivité enregistré aux abords de la centrale ainsi que sur la nature des radio-éléments rejetés. En particulier du cesium, signalant un processus de fusion.

    Aucune donnée relative à la température des cœurs des réacteurs n’a été communiquée. Les experts s’attendent à ce que, dans le meilleur des cas, plusieurs jours soient nécessaires avant que la température ne décroisse significativement, écartant le risque d’une fusion et d’un emballement.

    Dans l’attente d’informations, la communauté scientifique internationale critique de plus en plus la politique de communication officielle. La presse japonaise fait état de la lenteur et des difficultés des évacuations ordonnées.

  4. Jean Féret dit :

    La conception de ces réacteurs envisage l’aléa actuel. Dans un premier temps, la vapeur produite par le coeur, même arrêté par les barres de controle, entraine une pompe mécaniquement, même sans électricité. La chaleur transporté par le fluide de refroidissement est évacuée directement dans l’atmosphère par le condenseur de la centrale.

    Dans un second temps, s’il y a perte de liquide de refroidissement et augmentation de la pression à cause de la vappeur qui s’accumule dans le coeur, alors cette vapeur est transformée en eau liquide dans le tore à la base du réacteur.

    Si cela ne suffit toujours pas, et c’est ce qui semble se passer, alors il faut injecter de l’eau venant de l’extérieur. Mais, au préalable, il faut dépressuriser le coeur, pour savoir y injecter de l’eau en grande quantité. C’est ce qui s’est passé, avec un lacher de vapeur contaminée dans l’atmosphère.

    En fait, c’est un mélange de vapeur et d’hydrogène, avec des produits de fissions. L’hydrogène, un produit de l’oxydation des gaines de combustibles, s’est enflammé dès qu’il a été en présence de l’air extérieur.

    A Three Milles Island, la dépressurisation n’était pas possible, et l’explosion dans le coeur ou dans l’enceinte de confinement menaçait.

    C’est bien différent de Tchernobyl, un accident scrictement nucléaire, avec une réaction nucléaire qui a divergé dans des proposrtions effarantes, et de Three Miles Island, où c’est la bulle d’hydrogène qui a été la menace. Ici, nous voyons un autre scénario où toutes les réserves sont utilisées successivement, jusqu’à l’ultime étape, noyer le réacteur dans l’eau de mer, avec du bore pour arrêter la dernière fraction de réaction nucléaire (30 tonnes d’eau par heure, c’est écrit dans le point de l’IRSN).

    La conception du réacteur prévoit toutes ces phases, mais il n’y a pas eu de conception sur la gestion humaine et sociale. C’est bien dommage, car il y aurait tant à faire pour apporter de l’aide aux japonais, plutôt que de vendre du sensationnel pour faire du chiffre.

  5. Ping : Séisme du 11 mars: informations de l’IRSN (2) - Jean Feret - Blog Mennecy et Val d’Essonne - Blog LeMonde.fr

  6. Pas si vert dit :

    Il y a tout de meme quelques points qui ne semblent pas avoir ete envisages :
    Que les incidents se produisent de facon simultanee sur 4 reacteurs et leurs piscines de dechargement.

    Que les piscines, non confinees, puissent fuir, ce qui semble le cas sur le 4 depuis l’explosion.

    Les phases de decompression visant a depressuriser l’enceinte de confinement ont toutes abouties a des explosions soufflant la partiehaute des batiments.

    Il semble donc que les degasages d’hydrogene en de telles proportions n’etaient pas anticipees.

    A moins de pretendre que la demolition du batiment fait partie des procedures…

  7. Jean Féret dit :

    Effectivement. rien ne semble se dérouler comme prévu autour des 4 piscines de déchargement.

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