Bolloré baratine ses actionnaires

Quai de chargement

La société SFDM veut développer l’utilisation des 4 parcs de citernes d’hydrocarbures de La Ferté Alais en construisant, dans le parc de Cerny, un quai de chargement. Alors qu’aujourd’hui, 300.000m3 de carburant et de fioul sont distribués à partir de Guigneville, il s’agit de passer à 1.300.000m3 par an à partir de Cerny en 3 ans, et toujours avec des camions.

Ce projet soulève beaucoup d’opposition, exprimée avec force et une totale unanimité dans toute la moitié sud du département de l’Essonne. Nous y reviendrons bientot sur ce blog. Voyez sur http://www.telessonne.fr/webtv/ le journal du 11 février 2011.

Aujourd’hui, plaçons nous plutôt comme investisseur, actionnaire réel ou potentiel du groupe Bolloré, un groupe côté en bourse et qui y mobilise l’argent du public pour financer ses projets. Bolloré possède 100% de SFDM. Je le sais, je suis actionnaire de ce groupe. Et j’ai eu la satisfaction de pouvoir investir dans un groupe industriel qui se prétend vertueux, en affichant urbi et orbi des engagements en matière de développement durable, de responsabilité sociétale et de protection de l’environnement.

Les engagements du groupe à l’égard du développement durable et de ses responsabilités sociétales ou envrionnementales sont sur le site http://www.bollore.com

Ca commence assez fort:

Au titre de ses engagements, le Groupe assume une triple responsabilité : économique, sociale et environnementale. Il s’engage à concilier au quotidien ses performances économiques avec sa mission sociale et la préservation de l’environnement.

Faire rouler des camions sur une route inadaptée, à travers un parc naturel, en piétinant les documents d’urbanisme qui s’y opposent…..

Le Groupe s’engage à exercer ses métiers dans un profond respect de l’homme. Il porte une attention particulière au respect des systèmes de valeurs, politiques et culturelles propres à chaque territoire au sein duquel il est implanté.

On a vu, avec des pressions exercées par M. Antoine Veil il y a un an sur la mairie de Cerny (le projet se fera, quoi que vous fassiez… sic)

  • Maîtriser et réduire les risques

On voit, avec un PPRT pas prescrit, un site dit « Seveso seuil haut » mais pas sur les listes européennes, … Et que penser du risque de transport de matières dangereuses par la route? 

  • Appliquer l’approche de précaution face aux problèmes touchant l’environnement,

L’approche de précaution, pour le projet de Cerny, c’est d’abord esquiver toutes les questions qui fâchent à propos des risques liés au stockage et à la manipulation de produits dangereux pour les riverains des parcs de citernes, c’est limiter avec soin le périmètre d’étude de danger avant l’autorisation d’urbanisme, et l’élargir seulement après que cette autorisation ait été accordée,…. 

Attention, dans le paragraphe « respect de l’environnement », l’énorme faute d’accord est « d’origine ». Cela montre bien qu’ils n’ont pas relu une seule fois le texte et que ce n’est que du baratin!

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A propos Jean Féret

Conseiller municipal ... mel: jean.feret @ mennecy.net ... tel: 06 74 09 27 07
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3 commentaires pour Bolloré baratine ses actionnaires

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  2. Sophie Duvauchelle dit :

    Et ce qui est bien M. Féret, c’est que si vous gardez vos actions Bolloré et que le projet aboutit, vous y gagnerez de l’argent !!! C’est bien le problème du capitalisme en France et dans le monde : les citoyen-ne-s perdent en qualité de vie (voire en termes de conditions de vie de l’espèce humaine sur Terre) d’un côté ce que les actionnaires gagnent financièrement de l’autre, même s’il s’agit des mêmes personnes…
    Encore un petit effort ! Je connais votre bonne foi, souvent (mais pas toujours, un petit sectarisme anti-Gauche politique y règne à l’occasion) exprimée via ce blog, mais il va falloir prendre acte de cet état de fait un jour…

    Cordialement,
    Sophie Duvauchelle (co-secrétaire du Parti de Gauche Sud Essonne)

  3. Jean Féret dit :

    Bonjour,

    Je n’ai qu’une seule action du groupe Bolloré. Achetée 145,40€, hors frais de courtage, en mars 2010, elle vaut maintenant près de 159€. J’ai perçu entre 5 et 10 € de dividendes, largement moins que les frais de courtage et de tenue de compte (un compte titre à la banque postale).

    J’ai cette action pour agir et m’exprimer comme actionnaire. Certes, au moment du vote (car la gouvernance de cette société est démocratique), mon vote ne pèse pas lourd. Mais j’ai le même droit de parole que l’actionnaire Bolloré à l’assemblée générale, en théorie au moins.

    Certes, si le groupe Bolloré manifeste du dédain ou du mépris à l’égard de mon interpellation à venir sur l’absence de sincérité dans ces engagement sociaux et environnementaux, ils ne perdront qu’un très petit actionnaire en ma personne. Mais ils auront adressé un message très significatif à l’égard des autres actionnaires et des partenaires, industriels, financiers et institutionnels.

    C’est la stratégie des petits actionnaires qu’on retrouve dans tous les groupes côtés.

    A propos de mon « sectarisme anti-gauche », c’est une bonne opportunité d’en parler ici. Car dans le paradigme de la gauche française, qui n’a jamais abandonné le dogme de la nationalisation des moyens de production, ce que je fais à l’égard de Bolloré maintenant, avec une action, ou avec EDF, où j’ai aussi une action pour demander où son les 11 miliards de provisions au titre des concessions de service public, deviendrait impossible.

    Bolloré est aussi une bonne opportunité pour mettre en cause la gestion des actifs de l’Etat. Le pipeline Donges-Metz, selon la communication financière de Bolloré (voir le chapitre « film » du site), appartient au groupe. En réalité, c’est dans le patrimoine de l’Etat, et concédé pour 25 années au groupe Bolloré.
    L’actionnaire et le contribuables sont bernés, avec la complicité de l’Etat.

    C’est aussi un excellent moyen de développer une activité industrielle sans être exposé à la taxation des actifs, puisque le site est militaire, au sens du fisc.

    Sans la transparence imposée aux sociétés par la norme IFRS, sans les règles de communication financière imposées aux sociétés côtées, sans les règles de gouvernance que tous les actionnaires exigent et obtiennent maintenant, tout ce que je viens d’écrire est impossible.

    Sauriez vous intervenir comme je je fais chez Bolloré et EDF mais chez RFF, SNCF ou au CEA? C’est à dire dans les Etablissements Publics à Caractère Industriel et Comercial, des organisations controlées à 100% par le public, avec des patrimoines considérables mais aucune, absolument aucune visibilité pour le citoyen.

    Par exemple, à Mennecy, le foncier de RFF n’est pas borné. Il n’est pas cadastré, tout est encore enregistré au nom de SNCF. C’est vrai partout ailleurs en France. Qui vend quoi, avec quel argent, et vers quelles poches, quand du foncier ferroviaire change de propriétaire? Si RFF était une société anonyme, il serait impossible de ne pas pouvoir le savoir.
    Pour revenir à Mennecy, le garage GADE paye un loyer à RFF, alors que sur le cadastre c’est une parcelle SNCF, la même que les voies. Comment être certain qu’ailleurs en France, une ancienne gare de marchandise est louée par un garagiste, avec un loyer qui tombe dans une autre poche?

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